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             Les  Avalanches à Chamonix           

14 décembre 2012 : Le sac ABS (Airbag)
Voir ici le 12 avril 2013 à Taconnaz



Avalanche (chute de sérac) au Mont Blanc du Tacul ce 13 aout à 4 h du matin, 3 victimes ensevelies.

Ce matin à 4 heures, le PGHM envoyait une caravane pour évaluer les dégâts causés par une avalanche tombée dans la face du Tacul.

Plus tard, lorsque les conditions météo ont permis le décollage de l'hélicoptère, des rotations ont été faites pour amener sur place des secouristes et du matériel. 

Un peu avant 8 heures, l'hélicoptère a monté sur les lieux de l'avalanche vingt gendarmes, cinq pompiers et cinq guides de la société de secours. Mais, devant le danger de suraccident (l'avalanche s'est déclenchée au niveau des séracs), une seule personne peut travailler à la fois. 

7 alpinistes en tout ont été emportés. Les secouristes ont trouvé une cordée de trois alpinistes emportés par l'avalanche et retrouvés dans une crevasse. Deux d'entre eux, des Italiennes, sont mortes, la troisième a été transportée à l’hôpital d'Annecy.

Montage Nico.74 sur Camptocamp  :



Grosse avalanche au Glacier Rond.  le 17/04/10
Par La Rédaction du DL :

Il était 11 heures hier quand une énorme avalanche s'est déclenchée consécutive à la rupture d'un sérac au Glacier Rond, en versant nord-ouest de l'aiguille du Midi. D'une très grande ampleur la coulée, mélange de glace et de neige, a enseveli un skieur alpiniste russe qui se dirigeait vers le refuge des Grands Mulets et le mont Blanc. Son compagnon, blessé léger, a pu le dégager avant l'arrivée du PGHM. Transporté à l'hôpital de Sallanches, hier soir son état n'inspirait plus d'inquiétude.

Par Le Faucigny :
 

La chute d'un sérac a provoqué une coulée de neige ce matin, à 10 h 50, entre le glacier Rond et la plateforme du tunnel du Mont-Blanc à Chamonix. Le sérac en tombant a déclenché une avalanche de 200 à 300 mètres de large qui s'est arrêtée au-dessus du tunnel, la plateforme ne subissant qu'un peu de l'effet aérosol de l'événement.

Depuis Chamonix, on a très bien vu l'aérosol  atteindre le niveau de la plateforme du tunnel du Mont Blanc après le parcours dans les gorges de la Creusaz (et non pas le glacier des Bossons), itinéraire habituel par période plus ou moins régulière des grosses avalanches du secteur.
C'est certain la catastrophe a été évitée en ce qui concerne le retour Mont Blanc par la Jonction >>> Plan de l'Aiguille.

 

1634 : Désastres causés par la Chute des Grandes Neiges ou Avalanches.

Pendant longtemps, la chronique des avalanches a été tenue par des hommes d'église. Par exemple on trouve dans les archives ecclésiastiques, sous la rubrique "Désastres causés par la Chute des Grandes Neiges ou Avalanches", une attestation faite sur les ravages d'une avalanche le 20 janvier 1634, signée de Monsieur Louis Chône, chanoine de Sallanches, administrateur du Prieuré de Chamonix.
Extrait de : Désastres causés par la Chute des Grandes Neiges ou "Avalanches" et Attestation faite sur les ravages d'une avalanche le 20 janvier 1634

Monsieur Louis Chône, chanoine de SaIlanches, administrateur du Prieuré de Chamonix, certifions et attestons à qui appartiendra, en ce jour-d'hui ont comparu par devant nous honnêtes Mouet Désailloud, Philibert Messat et Guillaume Bossonay, syndic de Chamonix, lesquels nous ont requis au nom de la Communauté, de faire attestation des dégâts, accidents et ruines causés par la grande abondance de neige et impétuosité d'orage au village du Tour, le dit Chamonix le 30 janvier 1634 environ 1'heure de midi, une avalanche a gâté entièrement neuf -maisons, cinq greniers et tout ce qui était dedans les dites maisons qui sont tous ci-après nommés, savoir : Aimé Simond., syndic, François son fils, Jacques et Claude Simond frères, André Ravier, Jean Simond, Jean Mugnier, Claude Mugnier, Jean Tissay, Jacques Noubessioux et Vernette Frasserands sa mère, desquels il y en a qui sont restés trente jours sous les dites neiges et avalanches malgré la vigilance de cinquante personnes qui étaient continuellement occupées à chercher, de façon qu'il ne resta plus que deux enfants mâles au village des Frasserands, âgés de 7 ans; les dites avalanches ont couvert tout le plan de manière que plusieurs personnes qui venaient au secours furent victimes de leur dévouement et restèrent sous les avalanches au lieu appelé les Gros Perris.

Treize personnes furent retirées vivantes de dessous les neiges, parmi lesquelles il y en a qui sont restées englouties pendant cinq jours et furent retirées en vie et desquelles nous avons entendu l'attestation sus-écrite véritable. A leurs réquisitions nous avons fait appeler Claude-Balthasar Métral, du dit lieu, par devant lequel ont été ajournés à comparaître par devant nous les sieurs François Devouassoud, François Mugnier, Pierre Belin, Claude Croz, Pierre Simond, François Simond, Michel Simond, du village d'Argentière, Pierre Mugnier, François fils de Claude, du dit; Pierre Tournier, André Ducroz, Michel Ducroz, Jacquemond Mugnier, Jean-Pierre Pot et Pierre Lechat, du dit Chamonix, lesquels ont prêté le serment entre nos mains, commence en tous cas et requit de dire et disposer le contence de la proposition sus-écrite, leur ayant fait faire lecture par maître Michel Coutet, notaire curial de cette juridiction, ils ouï et entendu le contenu d'icelle, lesquels ont tous dit et déclaré et attesté par leur dit serment que tout le contenu de la dite proposition est véritable; tant pour avoir vu les dites maisons et greniers avec tout ce qui était dedans encombrés de neige et avalanches et pour être restées mortes onze personnes et treize qu'on a retirées vivantes; desquelles choses sus-écrites les dits syndics nous ont requis leur faire la présente attestation pour leur servir en ce qu'ils auront à faire.

Fait au banc des droits à Chamonix le dix-nieuvième jour du mois de mars 1634. Présents: Pierre et Raymond Désailloud, Jean, des Plans du dit Chamonix, Guillaume, Claude et Pierre Payot, des Plans, témoins requis, qui ont signé, fait mettre le sceau et fait signer par M. Michel Coutet, notaire curial du dit lieu, les ans et jours susdits.

Signé : Louis CHONE.


L'échelle européenne des risques d'avalanches :

1 faible

     Le manteau neigeux est en général bien stabilisé.
     Des déclenchements ne sont en général possibles que par forte surcharge sur de très rares pentes raides extrêmes.
     Seules des coulées peuvent se produire spontanément.
2 limité
     Le manteau neigeux n'est que modérément stabilisé dans quelques pentes raides Ailleurs, il est bien stabilisé.
     Des déclenchements sont possibles surtout par forte surcharge et dans quelques pentes indiquees dans le bulletin.
     Des départs spontanés d'avalanches de grande ampleur ne sont pas à attendre.
3 marqué
     Le manteau neigeux n'est que modérément à faiblement stabilisé dans de nombreuses pentes raides.
     Des déclenchements sont possibles parfois même par faible surcharge et surtout dans de nombreuses pentes indiquées dans le bulletin.
     Dans certaines situations, quelques départs spontanés d'avalanches de taille moyenne, et parfois assez grosse, sont possibles.
4 fort
     Le manteau neigeux est faiblement stabilisé dans la plupart des pentes raides
     Des déclenchements sont probables même par faible surcharge dans de nombreuses pentes raides.
     Dans certaines situations, de nombreux départs spontanés d'avalanches de taille moyenne, et parfois grosse, sont à attendre.
5 très fort
     L'instabilité du manteau neigeux est généralisée.
     Spontanément, de nombreux départs de grosses avalanches sont à attendre y compris en terrain peu raide.

Drapeaux de l'indication du risque :

Cliquer pour agrandir l'image.
Drapeau à damiers
 
jaunes et noirs

    jaune           damier          noir 

Drapeau jaune : danger limité
Drapeau à damiers jaunes et noirs : danger partiel
Drapeau noir au centre de la station : danger généralisé



L'Avalanche du col des Montets.




L'Avalanche de la Pierre à Bossons, Argentière.
   
      


Arrêt à 50 m du pont de la voie ferrée





Que faire en cas d'accident d'avalanche ?
Si vous êtes pris dans une avalanche :

Tout va généralement très vite et vous n'aurez certainement pas le temps de réfléchir.
C'est d'abord votre instinct de survie qui vous dictera votre conduite.

Voici cependant quelques conseils : Essayez de garder votre sang froid. Tentez de vous échapper latéralement. Tentez de vous cramponner à tout obstacle. Protégez vos voies respiratoires (fermer la bouche).

À l'arrêt de l'avalanche, essayez de vous ménager une poche d'air devant le visage (elle sera une réserve d'air pour respirer) avec vos mains et vos bras repliés devant le visage.

Si vous êtes témoin d'un accident :

Suivez des yeux la personne emportée et repérez le point où vous l'avez vue pour la dernière fois.
Si possible, placez un guetteur pour prévenir en cas de seconde avalanche.
Si vous disposez d'un téléphone portable appelez le centre de traitement d'alerte : faîtes le n° 112.
Marquez le point de disparition de chaque personne ensevelie.
Cherchez les victimes à l'aval de leur point de disparition, repérez les zones préférentielles comme replats, creux, bordures du dépôt de l'avalanche, amont de rochers, arbres, etc.
Lors de la recherche :
Observez bien la zone pour y découvrir d'éventuels indices de surface.

Cherchez avec votre Arva.
Si aucun Arva n'est disponible, sondez la neige avec les bâtons, les skis, une branche, etc.

Si vous êtes suffisamment nombreux, envoyez immédiatement deux personnes chercher du secours, sinon cherchez vivement pendant 15 minutes ; si vos recherches restent vaines au bout de ce quart d'heure, partez donner l'alerte.
Une victime d'avalanche peut être polytraumatisée, en arrêt respiratoire et en hypothermie : Donnez-lui immédiatement les soins appropriés.



L'Avalanche du Tour, le 2 février 1978, fait 5 morts.

Constructions dans une zone connue pour être exposée aux avalanches. Le village du Tour était en limite de l'avalanche.



Les pentes les plus dangereuses :

Les pentes faibles, en général, sauf en haute montagne avec le problème des "plaques à vent" ou aucun endroit n'est vraiment sans risque, le danger que la masse se mette en mouvement est très faible, sauf évidemment si au-dessus il a des pentes plus fortes d'où peuvent arriver de grandes avalanches.

Les pentes moyennes sont les plus dangereuses, car elles peuvent accumuler des quantités très importantes de neige avant qu'un facteur déclenchant n'intervienne.
Et c'est là le grand piège.
Un skieur non averti se dit, ce n'est pas très raide, ça ne craint pas trop, on y va, et évidement en traversée ( à proscrire ), ce qui a pour effet de provoquer une fente ( imperceptible, mais qui peut faire 1 m ou plus d'épaisseur ), qui se propage comme l'éclair, avec un petit "Whouf" discret, et toute la pente tel un tapis que l'on tire, se met en mouvement, et c'est le 1er instant d'un drame "totalement imprévisible" !!!

Les pentes fortes se purgent assez régulièrement, et donc accumulent moins longtemps de grandes quantités de neige.
Mais attention, elles sont très rapides donc très violentes.

Les très fortes pentes accumulent très peu de neige, qui "coule" constamment, et donc peu de volume, mais très grande vitesse, et gros aérosols si la neige est poudreuse.

Le risque maximum est : Une très forte pente qui surplombe des pentes fortes puis moyennes et faibles, et là c'est l'avalanche dévastatrice par son volume et l'énergie générée, qui peut remonter une pente en face, raser des villages etc.

L'Avalanche du Pas de chèvre, en 1980.

Elle était si puissante que le "nuage" de poudreuse a traversé la mer de glace, puis elle a plongé dans la vallée en passant par dessus la barre rocheuse des Mottets.
 

L'Avalanche de Chailloux, vers la station Elf, en février 1984.



L'Avalanche de la Verte, 4 personnes tuées et retrouvées dans l'Arve, aussi le 2  février 1978.



Les différents types d'avalanches sont de 3 (principaux).
(Source : cojeomon.edres74.ac-grenoble.fr/travaux/montagne/cham)


L' Avalanche de poudreuse:

L'avalanche de poudreuse est un gros nuage de neige en suspension dans l 'air.
Elle provoque des ondes de choc.
Elle se produit par de fortes précipitations neigeuses avec de la neige très froide et peu dense.
Elle est composée de particules reconnaissables et de grains à faces planes et de cristaux de neige sur un manteau neigeux stable.
Elle forme des rouleaux de 10 à 200m de haut, sa vitesse est de 100 à 400km/h.

L' Avalanche de plaques dures :

Quand une avalanche de plaques dures se produit la neige est projetée par le vent.
Elle est aussi composée de grains fins en forme de gobelets et de colonnes.
Cette avalanche est composée de plaques de neige cassante superposées et très instables.
Sa densité est de l'ordre de 100 à 400 kg/m3.
Sa vitesse est de 20 à100km/h.

L' Avalanche de neige humide :

L'avalanche de neige humide se produit lorsque que la neige est réchauffée par le soleil ou lorsqu'elle est ramollie par la pluie ; elle se produit souvent au moment des fontes de printemps ou des redoux hivernaux.
C'est une coulée pâteuse de forte densité (400 à 500 kg/m3.

Le mécanisme de l'avalanche :

La neige ne peut pas rester longtemps sur une pente forte car elle a un équilibre instable.
Plus la pente est raide, plus les forces de traction augmentent, donc les avalanches se produisent en priorité sur les pentes de 30 à 45°.
Le manteau neigeux sur le flanc d'une montagne est soumis à son poids P (force due à la gravité qui l'entraîne vers le bas). Mais aussi à d'autres forces comme les forces de frottement et de cohésion F qui l'empêchent de se détacher et de glisser vers le bas.
Lorsque ces forces sont insuffisantes pour compenser le poids (ou plus exactement la composante du poids, parallèle à la pente) la neige entame une chute :

C'est la phase de départ de l'avalanche.
De plus la neige, en se transformant va rompre l'équilibre entre les deux forces physiques.
La neige fraîche a plus de cohésion que la neige ancienne car elle est constituée de cristaux qui vont s'accrocher entre eux.
Par contre la neige ancienne est constituée de colonnes qui vont glisser entre elles.

Les facteurs déclenchants :

La couche de neige est très instable ce qui peut provoquer une avalanche; les quatre facteurs déclenchants sont :

La température : Une avalanche se produit lorsque la température remonte car la neige commence à fondre, devient humide (pâteuse) donc elle se maintient difficilement sur les pentes.
Le vent : Lorsqu'il y a beaucoup de vent la neige fraîche se déplace et s'accumule sur un obstacle (motte de terre, rochers. ) provoquant des zones de surcharge.
Le poids (skieurs, animaux): quand un skieur ou un animal passe sur une couche de neige instable cela provoque une cassure linéaire qui déclenche une avalanche.
Les vibrations : Une forte détonation peut provoquer la rupture de l'équilibre des forces qui maintiennent la neige sur une pente..
La construction de pistes de ski peut créer localement des conditions favorables aux avalanches, la croissance de la végétation herbacée qui se courbe sous le poids de la neige dans le sens de la pente constituant un tremplin idéal au déclenchement de ces dernières.


Les Avalanches en plaques :

Les avalanches en plaques sont les plus dangereuses car elles sont les plus courantes à ski et elles sont très difficiles à prévoir.
Elles ont un effet de roulement à billes parce que la neige récente qui les compose n'adhère pas à la sous-couche.

Lorsqu'il souffle, le vent brise les branches des cristaux de neige, les grains obtenus se soudent les uns les autres et forment une couche de neige compacte mais cette plaque repose sur un support glissant, la sous-couche, la strate de neige en gobelets.
Il y a un équilibre entre les forces qui attirent la plaque vers le bas de la pente et celles qui la retiennent.
Les premières forces sont le résultat du poids de la neige mais aussi de l'inclinaison plus ou moins forte de la pente.
Les deuxièmes, les forces de résistance, sont dues aux frottements de la plaque de neige sur son support.
Il ne reste plus qu'à trouver un détonateur pour rompre ce fragile équilibre, le passage d'un chamois ou d'un skieur par exemple.
Ce passage crée une surcharge et provoque une cassure sur la plaque. Un véritable panneau de neige se détache du flanc de la montagne et commence à glisser sur la sous-couche en gobelets comme sur un roulement à billes, elle dévale la pente à une vitesse de 50 à 100 km/h., se casse en plusieurs blocs pouvant peser jusqu'à 200 kg chacun.
Les skieurs qui sont sur leur passage risquent la mort : broyés contre les blocs ou engloutis vivants sous plusieurs mètres de neige.


Les avalanches de plaques sont le plus souvent déclenchées par un skieur imprudent, en 1997, les avalanches ont provoqué 38 accidents et 23 morts, 34 de ces accidents étaient dus aux avalanches de plaque.

Doc : Merci à Rech Julien, Hoegen Laure -Elie, Foulaz Angélique.

- Brochure "Vivre en montagne avec les Risques Naturels", Ministère de l'Aménagement du territoire et de l'environnement. (mai 2001) - revue "Aléas et Enjeux" n°1, les risques en montagne, TDC/ CNDP, (oct.2002) - Le guide avalanche, Météo France, (2000) - Science et Vie Junior, n°101, (fév.1998) - Science et Vie Junior, n°148, (janv.2002 - Phosphore, n°201, (fév.1998) - Le journal des enfants, n° 683, (30/01/1998) et n°738, (19/02/1999)


L'Avalanche du tunnel du Mont-blanc, le 16 mai 1983.


Elle est allée droit sur la plate forme du tunnel, malgré le mur de déviation construit au dessus.
L'été, les restes de cette avalanche, sur le parking du tunnel.
   


La catastrophe de Montroc :
Avalanche de Montroc, le 9 février 1999, 12 morts. Tous les chalets sur le passage de l'avalanche pulvérisés.
Il a fallu ouvrir la route pour accéder au village.


Elle est partie de la montagne de Pécleret,
et a traversé l'Arve, jusqu'au versant d'en face.


Chalets pulvérisés, et voitures broyées.


Le secteur était méconnaisable, plus de chalets, plus de route, aucun repère pour les recherches.
 

Description :

L'Avalanche meurtrière de Montroc est descendue le mardi 9 février 1999 en début d'après-midi, touchant une vingtaine de chalets et faisant 12 victimes.
Elle s'est entièrement développée sur un versant orienté au nord-ouest.

Zone de départ :

L'avalanche est partie d'un cirque situé vers 2400 - 2450 m d'altitude, véritable conque où les pentes approchent voire dépassent 40°.
Ce cirque est situé au sud - sud-ouest du Bec de la Cluy.
Vu sa configuration, ce cirque peut être considéré comme une zone privilégiée d'accumulation de neige, donc propice au départ de coulées.
C'est un bassin d'alimentation marqué.
Une estimation de l'épaisseur des cassures a été faite depuis l'hélicoptère et confrontée à d'autres observations (RTM, PGHM).
Les cassures de 1 m à 1,50 m, localement plus en zone centrale, se sont propagées en arc sur l'ensemble de l'arrondi du cirque, au pied des pentes les plus raides, comme une rimaye.

En zone de départ, l'avalanche était une plaque friable partie par déclenchement naturel, par surcharge importante.
Elle a rapidement évolué en avalanche de neige poudreuse.
On peut raisonnablement penser que, vu la proximité de la crête sommitale, ce cirque supérieur n'est pas l'endroit où les accumulations, certes importantes mais pas exceptionnelles, ont été les plus fortes.
En secteurs plus protégés des vents, donc plus en aval, les épaisseurs de neige au sol dépassaient sans doute 3 mètres et ont été mobilisées par l'avalanche.


Zone d'écoulement :

Doit être subdivisée en deux parties :

la zone d'écoulement "supérieure" montre des pentes soutenues, souvent supérieures à 30°, puis un adoucissement vers 1950 m, et surtout vers 1870 - 1850 m.
Ce type d'épaulement hérité de l'époque glaciaire, est assez caractéristique de la vallée de Chamonix : Plan de l'Aiguille, Planpraz, Flégère.
La pente générale y est faible, mais pas suffisamment pour arrêter la masse de neige mise en mouvement 500 mètres plus haut.
D'autant qu'il s'agissait d'une avalanche de poudreuse grande vitesse, peu influencée on le sait par les pentes faibles..
On note cependant de légers dépôts de neige sur ce replat.

L'été, cette zone montre une végétation sporadique (mélèzes rejetés sur les bords) et des blocs de rochers éparpillésMais les épaisseurs de neige importantes du début février 1999 gommaient totalement ces obstacles, ralentisseurs potentiels.
La liaison entre la section haute et la suite du parcours sur ce "replat" est un fait rare.
La zone d'écoulement "inférieure" commence à la rupture de pente marquée, vers 1800 m.
L'avalanche s'est accélérée à la faveur de ce ressaut brutal dans la topographie d'ensemble de son parcours, avec une reprise de neige au sol non négligeable, ce qui augmenté la puissance de l'avalanche.
La pente est ici très soutenue, 40° 45°, avec des sections à 50° ou plus.
Avant février 1999, un îlot de forêt plus conséquent a subsisté entre l'écoulement principal et un des écoulements "secondaires" plus à droite (sens orographique).
Une partie de l'écoulement s'est déversée en rive droite (sens orographique) et n'a ainsi pas concerné le village ; ces masses de neige (si elles avaient été concentrées sur la trajectoire principale) auraient sans doute augmenté la zone des dégâts.


Zone d'arrêt :

L'avalanche a franchi le talweg de l'Arve qui n'a pu (vu la vitesse acquise et l'énorme masse de neige en mouvement) constituer un obstacle suffisant et l'arrêter.
Elle a donc remonté sur le bas du versant opposé (Montagne des Posettes) sur plus de 200 mètres de longueur, soit une vingtaine de mètres de dénivellation par rapport à l'Arve.
C'est sur cette pente douce que se trouvaient les chalets sinistrés.
Il s'agit bien d'une avalanche de neige froide, sèche, avec une phase aérosol de poudreuse et une phase dense, probablement juste après, qui est responsable des dégâts considérables dans le hameau.
Les dépôts étaient compacts, sur plus de 6 mètres d'épaisseur par endroits.
L'emprise cartographiée sur la Carte de Localisation Probable des Avalanches (CLPA) a été largement dépassée.
Cette catastrophe est liée aux conditions nivo-météorologiques particulières de cet hiver 1998-1999.


Conclusion :

L'Italie, l'Autriche, la Suisse ont été aussi durement touchées.
Nos voisins hélévétiques parlent de 1999 comme un nouvel "hiver du siècle" après le sinistre hiver 1950 - 1951. Source : Richard LAMBERT Expert en nivologie.


                   


Recherches en avalanches :

  
Sondage par les secouristes encadrés par le PGHM

   Arva, mode d'emploi :

Arva : appareil de recherche de victime d'avalanche.
L'arva permet de retrouver rapidement une victime d'avalanche.
 

Les chances de survie pour une victime d'avalanche.
Le taux de mortalité lors d'une avalanche est d'environ 55%.
Les chances de survie dépendent étroitement de la profondeur d'ensevelissement et de la durée.

Phase de survie.
        Elle est de 15 minutes après l'ensevelissement.
Toutes les victimes dégagées pendant ce laps de temps survivent,
à condition qu'elles n'aient pas été mortellement blessées et qu'elles reçoivent rapidement les soins appropriés.
 

Phase d'asphyxie.
       Elle se situe entre 15 et 45 minutes d'ensevelissement.
Le pourcentage de chances de survie tombe de 93% à 25%.
 Durant cette phase, toutes les victimes ensevelies ne disposant pas d'une poche d'air près du visage meurent par asphyxie.

Phase de latence.
       Latence : qui reste caché, ne se manifeste pas.
Si la victime dispose d'une poche d'air, les premiers décès par hypothermie commencent à se produire après environ 90 minutes.

Arva, principe de fonctionnement  :
       Un arva est un emetteur-recepteur électromagnétique.
Un arva en position "émission" produit un signal qui peut être capté par un autre arva en position "réception".

Quel appareil choisir ?

Depuis 1992, il a été décidé au niveau international de ne plus fabriquer que des appareils mono fréquence haute (457 KHz).
Il existe désormais une norme européenne (PREN 286)
Aujourd'hui, de nombreux alpinistes sont encore équipés d'appareils bi-fréquence dont la portée est assez faible.
Il reste même des partisans d'appareils mono fréquence basse qui, non seulement ont une portée faible mais qui, de plus, sont incompatibles avec les appareils haute fréquence.
Aucun de ces appareils n'est parfait (bruit de fond, maniement plus ou moins difficile, fragilité de certaines pièces).
De plus leur fonctionnement peut être perturbé aux abords de lignes électriques ou par certaines montres à quartz.
Les critères de choix déterminants doivent être la facilité de maniement et surtout la fiabilité.
Enfin, il existe un accessoire de recherche exclusivement visuel, pour les malentendants.


Haut parleur ou écouteur ?

L'écouteur est fragile mais une fois bien installé dans l'oreille, on ne s'en soucie plus et on peut mieux s'isoler de l'environnement extérieur.
Plusieurs appareils possèdent à la fois les deux systèmes, écouteur et haut parleur.
La mise en place du premier coupe le fonctionnement du second.
C'est une bonne solution.

Manipulation et entretien :

Un arva est un appareil fragile.
Il faut contrôler régulièrement les fonctions émission ET réception et surveiller la portée maximale.
Chacun doit connaître parfaitement les caractéristiques et le maniement de l'appareil dont il dispose et de tous les appareils utilisés dans le groupe.

Technique de recherche :

Recherche du premier signal.
L'arva doit être en mode réception avec la portée maximale.
Pour être plus facilement manipulé, l'arva doit être détaché du corps.

Méthodes d'approche. Schéma d'utilisation de l'ARVA  :

Il en existe deux.

L'une utilise le déplacement du chercheur selon des axes perpendiculaires successifs (méthode de la croix décrite ci-dessous).

L'autre, dite directionnelle, est plus intuitive et nécessite une certaine expérience.

Les deux méthodes reposent sur le même principe : plus on se rapproche de l'appareil émetteur et plus le signal est fort.
Pour éviter tout phénomène de saturation, il faut toujours travailler avec le minimum audible, en utilisant le potentiomètre.
C'est pourquoi une recherche "à l'oreille" efficace doit se faire en silence.

Méthode de la croix :
Pour l'application de cette méthode, on ne doit pas modifier la position de l'arva : il doit être déplacé parallèlement à lui-même.
A la réception du premier signal, le chercheur continue tout droit.
1. Si le signal diminue de suite, il fait demi-tour.
2. Si le signal augmente puis diminue, il tourne à angle droit là où le signal commence à décroître.
Le chercheur répète 1 et 2 jusqu'à ce que l'appareil lui indique qu'il est sur l'onde émise.

Recherche finale :

Quelle que soit la méthode utilisée précédemment, la recherche finale se fait toujours en croix.
Mais, pour la localisation fine de la victime, la sonde est souvent plus efficace et plus rapide que l'arva.
De plus, elle permet de connaître la profondeur d'ensevelissement.

Utilisation pratique :

Le port de l'arva doit être systématique chaque fois que l'on sort en montagne en hiver hors du domaine sécurisé des pistes de ski.
Le port de l'arva devrait également être de rigueur en été dès que l'on aborde des courses de neige.
Les arvas doivent être mis en mode émission dès le départ de la course.
Seuls des secours immédiatement organisés par les compagnons rescapés de la victime garantissent le maximum de succès, en accroissant le nombre de personnes dégagées dans les 15 premières minutes.
Source : Cochamon.edres74ac.grenoble

                    

Le sac ABS (Airbag)



abs-airbag.de



Article  de François Sivardière, Directeur de l'ANENA :

Préambule :
dans ce qui suit, les valeurs chiffrées ne sont pas à prendre au point "de la lettre", mais comme ordres de grandeur, qui n'excluent pas du tout des exceptions (on est dans la nature !).
Je n'ai pas, par ailleurs, connaissance d'études systématiques sur ces problèmes de pentes (mais je n'ai pas non plus une connaissance exhaustive des études dans ce domaine).
Les valeurs données sont celles que l'on peut retrouver dans les livres de vulgarisation .
Avertissement : ne pas confondre 30° et 30% (ce qui est beaucoup moins : 45° = 100 %).
Dans la suite, je parle en °, ce qui est un peu la norme en nivologie.

Rappel : les avalanches se produisent :

Dès que de la neige recouvre une pente et que les forces de traction qui tirent cette neige vers le bas (son poids et une éventuellement surcharge, comme le passage d'une personne, quel que soit l'engin qu'elle a aux pieds) sont supérieures aux forces de résistance (qui la maintiennent sur la pente).
Or, plus la pente est raide, plus la traction est importante, donc plus la probabilité que les forces de traction soient supérieures aux forces de résistance est élevée.

Les avalanches se produisent, d'une manière générale, de deux façons :

1. spontanément : la cause est une diminution des forces de résistance d'une couche de neige.
Cela se produit principalement pendant ou juste après des chutes de neige et pendant ou juste après une forte humidification du manteau neigeux (consécutive à une pluie ou un fort ensoleillement par exemple). Dans ces cas, les pentes qui sont concernées sont en prioritéles pentes raides : d'une façon générale (il y a sûrement des exceptions, s'il fallait donner une valeur chiffrée, elle dépend de l'humidité de la neige.
Pour des neiges sèches, plus de 30-35° (et jusqu'à 90°, c'est-à-dire la verticale).
Pour les neiges humides, voire mouillées, cela peut être à partir d'une valeur beaucoup plus faible : 20°, voire moins si la neige est gorgée d'eau.

2. Provoquées par une surcharge extérieure (nouvelle couche de neige due à une chute de neige ou une accumulation de neige due au vent, chute de pluie, passage d'une personne, etc.) : augmentation des forces de traction par augmentation du poids.
D'une façon générale, les zones de départ d'avalanches déclenchées par des personnes ont des inclinaisons supérieures à 30 ° et pouvant aller jusqu'à 55° (au-delà, la raideur de la pente est telle que la neige ne peut pas s'y accumuler, et que la pente se purge d'elle-même au fur et à mesure des chutes de neige).
Il y a en effet un spécialiste suisse-allemand, Werner Munter, qui a parié une caisse de champagne, qu'il n'y avait pas de déclenchement d'avalanche de plaque en-dessous de 30°.
Pourquoi a-t-il fait cela ? Je ne sais pas, mais j'ai eu quelques témoignages de personnes ayant observé de tels départs dans des pentes sous 30° (jusqu'à 27° environ) !

Dans le cas d'avalanches déclenchées par la surcharge due à une personne ou un groupe de personnes, il ne faut pas confondre la raideur de la zone de départ et la raideur de la zone dans laquelle se trouvent ces personnes au moment où elles ont déclenché l'avalanche.
C'est la première qui est importante, car l'on peut déclencher une avalanche, même en se trouvant sur un replat, qui partira d'une zone à l'amont, suffisamment raide.

Dernier point : une fois parties, les avalanches peuvent s'écouler sur des pentes faiblement inclinées (surtout les avalanches de neige mouillée), c'est-à-dire moins de 20°, voire remonter une pente, comme c'est le cas pour les avalanches en aérosol (=nuage de neige), si elles ont suffisamment d'élan !
François SIVARDIERE, Directeur de l'ANENA : (Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches).


Franchir le Col des Montets  avec ses nombreux couloirs d'avalanches est parfois très délicat ! Mars 2006.


C'est le printemps, maintenant les avalanches de fond "purgent" tous les couloirs, ici le secteur du "Chapeau"



Photos "Chamok"

Le 4 Mars 2007, dans la face des Grands Montets, vers 3200 m, grosse avalanche, la cassure fait plusieurs mètres d'épaisseur.


Les accidents marquants ces dernières années sur le mont Blanc du Tacul.

C'est le 4 000 le plus accessible depuis le téléphérique de l'aiguille du Midi est le cadre d'au moins une avalanche mortelle par an.

27 juillet 1997 : décès de deux adolescents encadrés par un guide dans l'ascension du mont Blanc du Tacul.
3 juillet 2000 : un alpiniste d'une cinquantaine d'années, originaire des Pyrénées, est décédé, victime de la rupture d'un pont de neige.
26 juillet 2000 : deux alpinistes, frère et soeur, domiciliés dans la Drôme et le Vaucluse sont retrouvés morts. Pris dans le mauvais temps, ils ont vraisemblablement dévissé.
11 juillet 2004 : un guide de la vallée de Chamonix, Jérôme Bévin et son client néerlandais, ont été emportés par une plaque de neige dans la descente vers le refuge des Cosmiques (3 613 m).
27 juillet 2005 : six alpinistes emportés par une gigantesque coulée à 3 500 mètres d'altitude. Le bilan sera d'un mort (un militaire britannique) et plusieurs blessés.
19 août 2006 : une avalanche emporte dix alpinistes. Deux morts.
17 juin 2007 : une avalanche touche deux cordées. Un mort et un disparu, un guide suisse toujours enseveli un an plus tard. Une survivante, sortie de l'avalanche après plus d'une heure, est miraculée. Un des records de survie sous une coulée.
24 aout 2008 : Une chute de séracs partant de la barre du haut casse à 3 heures du matin, et fait 8 morts et 8 blessés.

Autres avalanches mortelles sur l'itinéraire du mont Blanc.

28 juillet 1994 : neuf personnes tuées par une chute de séracs au petit Plateau en versant nord du mont Blanc.
20 mai 2000 : deux Savoyards décèdent dans une avalanche au mont Maudit.
18 juin 2002 : chute de séracs dans la face nord du mont Blanc à environ 4 200 m d'altitude, quelque 150 m au-dessus du Grand Plateau. Un mort.
20 avril 2002 : quatre skieurs, trois Autrichiens et un Français, décèdent, ensevelis par une chute de séracs au petit Plateau.
23 septembre 2004 : deux jeunes alpinistes hollandais qui redescendaient du mont Blanc sont ensevelis dans la descente du mont Maudit à près de 4 000 mètres. Bilan : un mort et un blessé.

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